transitions identitaires - Giulia Longo
transitions identitaires

"Délice de se perdre dans l image pressentie. Je me suis levée de mon cadavre, je suis partie en quête de qui je suis. Pèlerin de moi-même, je suis allée vers celle qui dort dans un pays au vent". A.Pizarnik

L'identité multiforme. Le je en devenir ou bien, le jeu du devenir? La construction de soi, processus continu, inexorable. Photographies émergeant de la nature constative de ces questionnements. De la volonté de réagir devant une telle impasse en essayant de tracer des contours plus nets autour de ma personne. Trois variations autour du même thème, trois déclinaisons différentes et toutefois liées par une recherche sur la représentation comme définition de soi à partir d’un constat: la consistance du corps – à la fois – transitoire et permanente. Contradiction et condition insurmontables: d’un coté l’impossibilité d’arrêter le temps, de l’autre la possibilité de retenir son écoulement moyennant la photographie. Capturé par la lumière et imprimé sur la pellicule, en préférant la lenteur extreme à la vitesse, le corps est une apparition vague et inconsistante. Renfermé sur soi–même, le moi se relève faible, fragile, confiné dans une approximation insoluble. Ici a lieu la première transition: la rencontre de l'autre. En reculant dans le hors champs je cherche à installer un dialogue entre ma présence derrière l’objectif et le corps de l’autre, laissant les identités libres de se rapprocher. Sortie d’un isolement trop longtemps duré, je ressens une identité qui commence à effleurer grâce à l’ouverture aux autres. Fruit de rencontres et de collisions, toute identité nécessite autant de la découverte de l'autre que de l’acceptation de la part de l’autre. Dernier sommet de ce triangle, un lieu, la terre où j’ai grandi et où je suis retournée après une longue période d’absence pour enfin me retrouver. Ce sont des lieux de passages, de la soi– disant transumanza: cascine et masserie désolées. Mais aussi objects trouvés, un ancien chais de l’après-guerre: vues subjectives d’un paysage intérieur, compte rendu de promenades toutes intérieures d’un moi à la reconquête du temps, dilué par l’usage d’un film dont la faible sensibilité – 12 ISO – offre des images d'une blancheur onirique.
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